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Fonds Marie-Jean-Pierre Nauton

Fonds Marie-Jean-Pierre Nauton

Archives départementales de la Haute-Loire. Fonds Marie-Jean-Pierre Nauton (3 Num 120).

Vie de Marie-Jean-Pierre Nauton et récit de guerre

  • Marie-Jean-Pierre Nauton, le grand-père de Cécile Nauton, est né le 16 juin 1895 à Bugeac (commune de Grèzes en Haute-Loire). Il a une sœur et un frère qui partira à son tour pour la guerre en 1918. À l’âge de 14 ans il est envoyé dans une école en Suisse, à Fribourg, sans doute ses parents veulent-ils « en faire un curé » ! Dans une lettre qu’il leur adresse, il raconte que là-bas ils jouent à faire la guerre et « qu’avec des jeux si intéressants, les heures de promenade passent très vite ». Il ne se doute pas à ce moment-là qu’à peine cinq ans plus tard la fiction allait malheureusement pour lui, et pour toute une génération, dépasser la réalité.
  • Il est appelé « bon pour le service » le 17 décembre 1914 au 139ème régiment d’infanterie (RI), il a 19 ans. Il part combattre dans le Pas-de-Calais, l’Oise, l’Aisne où il est blessé en octobre 1915. Il écrit très régulièrement à ses parents. Son père, l’arrière-grand-père de Cécile Nauton, est à l’époque maire de la commune de Grèzes. Il change de régiments à plusieurs reprises, après le 139ème RI, il est affecté au 92ème RI, puis au 35ème RI avec lequel il part en Orient en décembre 1916. Ses courriers décrivent son voyage, la vie en première ligne où il est blessé une seconde fois en mars 1917, le froid, la neige, la chaleur, les périodes où le moral baisse, les crises de paludisme, le mal du pays, etc. Au début de l’année 1918, il passe au 372ème RI. Il restera en Orient jusqu’en août 1918 et terminera la guerre au 86ème RI au Puy-en-Velay. Il est démobilisé le 1er octobre 1919, pratiquement cinq ans après son incorporation !
  • Marie-Jean-Pierre Nauton revient à Bugeac et se marie en 1922 avec Augusta Andrieux, native de la Brugère, commune d’Esplantas. Ensemble ils travaillent à la ferme et auront quatorze enfants dont trois mourront en bas âge. Le père de Cécile Nauton né en 1939 est le cadet de la famille, il effectuera à son tour deux mandats de maire dans la commune de Grèzes. Marie-Jean-Pierre Nauton crée durant ces années un syndicat de battage agricole et milite activement à la Caisse de Mutualité Agricole. Tout au long de sa vie, il écrit nombre de poèmes, textes et chansons qu’il entonne pour le plaisir de tous en s’accompagnant de son violon lors de soirées de battage, de mariages et autres. Il obtient au cours des années de guerre plusieurs citations de régiments, puis en 1932 lui est attribuée la médaille Serbe, en 1931 la médaille militaire et en 1960 il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Marie-Jean-Pierre Nauton est décédé en janvier 1981 à l’âge de 85 ans.

 

Liste
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La mémoire de Marie-Jean-Pierre Nauton transmise par sa petite-fille

  • Dans le cadre de la collecte d'archives familiales concernant la guerre de 1914-1918 réalisée par les Archives départementales de la Haute-Loire, Cécile Nauton qui conserve précieusement la correspondance de guerre de son grand-père Marie-Jean-Pierre Nauton, a numérisé l’ensemble et en a donné copie aux Archives. Cécile Nauton attache une grande importance à la conservation et à la communication de ces documents issus de « petites histoires familiales » qui contribuent à enrichir la grande Histoire. Ces témoignages font en sorte que l’on se souvienne et que les plus jeunes n’ignorent pas, que tant de jeunes gens du début du XXe siècle ont perdu la vie ou laissé une partie de leur jeunesse dans ce terrible conflit.

Présentation du fonds

  • Le fonds coté 3 NUM 120 se compose de 133 lettres et cartes adressées à ses parents durant la guerre, notamment depuis le front d'Orient de décembre 1916 au mois d’août 1918, ainsi que de quelques photographies. Très détaillée, cette correspondance permet de suivre avec précision le cheminement d'un soldat au front pendant toute la durée du conflit, un soldat qui voyage, qui traverse tout d'abord son Auvergne natale, avant de quitter le territoire par le Nord-est vers le front d'Orient, passant par la Théssalonique, la Serbie, la Macédoine, la Grèce et l'Albanie. Ces écrits nous font prendre conscience des réalités du champ de bataille. Ce fils constemment soucieux pour ses parents affaiblis face aux multiples tâches liées à l'exploitation agricole familiale et qui cherche à les rassurer sur son propre sort, n'omet cependant pas les détails de son inquiétant quotidien.

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