Fonds Mazet-Ribeyre

Archives départementales de la Haute-Loire. Fonds Mazet-Ribeyre (plaques de verre datant de la Grande guerre, 3 NUM 205).

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  • Jean Auguste Claude Mazet dit « bon papa » est le beau-père de Paul Ribeyre, père du propriétaire du fonds. Avant guerre, il suit des études de pharmacie à Clermont-Ferrand et Lyon. Appartenant à la classe 1903, il a donc 31 ans lorsqu'il est affecté à l'ambulance 12/13 du 13ème corps d'armée en tant que pharmacien aide-major de 2ème classe de réserve le 2 août 1914. Démobilisé le 25 mars 1919, il est rappelé sous les drapeaux lors de la seconde guerre mondiale.
  • Auguste Mazet possèdait une collection de 200 plaques de verre stéréoscopiques légendées ayant pour thème la Grande Guerre. Après son décès, les plaques ont été conservées précieusement tel un trésor familial par ses descendants. Stockées pendant un temps en Alsace par la soeur de Monsieur Ribeyre qui en profite pour les lister avec leurs légendes, les plaques sont revenues à ce dernier afin d'être utilisées en 2015 pour une exposition organisée par la Société des amis du vieux Tence. C'est dans cette optique que les plaques ont été numérisées par les Archives départementales de la Haute-Loire. Correctement rangées et isolées les unes des autres dans une boîte en bois, les plaques ainsi préservées offrent des images de très bonne qualité.
  • Monsieur Daniel Ribeyre, petit-fils d'Auguste Mazet né le 1er décembre 1883 à Tence et mort en 1955, a prêté pour numérisation aux Archives départementales de la Haute-Loire (avec don d'une copie) ce fonds d'archives privées ainsi q'une visionneuse stéréoscopique "Unis-France" avec mise au point datant de la même période. La visionneuse permet de percevoir l'effet de relief. En effet, chaque plaque comprend deux images de la même scène prises au même moment mais sous deux angles de vue légèrement décalés qui se superposent lors du visionnage à l'aide de la visionneuse créant ainsi l'effet de relief.
  • Les scènes illustrent la vie quotidienne des Poilus au front tout au long du conflit et sur les principaux champs de bataille de la Grande guerre (Marne, Champagne, Verdun, Somme, etc.). Les plaques dévoilent notamment les « corvées de boue » qui façonnent les tranchées, les rassemblements autour de la « popote » préparée à l'aide des cuisines roulantes, les soins urgents prodigués aux blessés, les messes en plein air mais également les paysages dévastés, les soldats morts au combat.
  • Une partie des plaques de verre est numérotée. Parmi celles-ci, on constate que certaines ont été éditées par la société parisienne La Stéréoscopie Universelle (LSU), d'autres comportent également un numéro d'édition mais l'éditeur n'est pas connu. Ce type de collections de photographies constituées au cours et après la guerre puis commercialisées sous forme de vues positives stéréoscopiques est très répandu dans l'immédiat après-guerre. Le public de l'arrière est friand de ce que l'on peut qualifier d'images chocs ou éthymologiquement "sensationnelles" (cadavres d'ennemis, pièces d'artillerie, ruines, personnalités au front, etc.) dont le fonds Mazet-Ribeyre est composé en majeure partie. Le recours à l'image en tant que support mémoriel d'un conflit se développe pour la première fois dans l'histoire pendant la Grande Guerre. Les photographies, ici sur plaques de verre, reflètent la réalité et par conséquent la brutalité du monde des tranchées, de l'horreur de la guerre.