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Souvenirs du commandant Jean Ollier, 1914-1918 (13 AV)

Archives départementales de la Haute-Loire. Souvenirs du commandant Jean Ollier (13 AV).
  • Enregistrements recueillis par Joseph Barou en janvier 2009. Jean Ollier, dont le père est originaire de Bessamorel à côté d'Yssingeaux, raconte la Grande guerre avec émotion et force détails, depuis la mobilisation jusqu'à l'armistice dans la capitale parisienne en passant par la bataille de Baccarat, le chemin des Dames, la Somme. Il évoque également ses blessures, les relations au sein de la section, le quotidien au front.

Souvenirs du commandant Jean Ollier, 1914-1918 (13 AV)

 

 

Lettre de Yvonne et René Rivière, accompagnant les enregistrements lors de leur dépôt aux Archives départementales de la Haute-Loire


Saint-Étienne, le 22 novembre 2013

Chers auditeurs de ces cassettes,

Je viens vous dire que mon père, le commandant Ollier, avait plus de 90 ans lorsqu’elles ont été enregistrées.
C’est le professeur d’Histoire de la faculté de Saint-Étienne, Monsieur Barou, qui avait finalement convaincu mon père qu’il devait léguer aux jeunes générations ce devoir, ce travail de mémoire qui datait de plus de 70 ans.
Jean Ollier avait 20 ans en 1914, 24 ans en 1918.
Au cours de cette terrible épopée, il fût blessé sept fois et de plus gazé en 1917.
Sergent en 1914, capitaine en 1918, il avait été nommé Chef de bataillon dans les années 30 en raison des périodes militaires qu’il pratiquait dans la réserve au 38ème régiment d’infanterie de Saint-Étienne.
C’est avec ce grade de commandant qu’à l’âge de 45 ans, père de famille de quatre enfants, industriel dans le textile, il se porte volontaire pour repartir en guerre, bardé, si l’on peut dire, de ses nombreuses décorations et citations reçues en 1914-1918, qu’il ne portait jamais, ni n’en faisait état.
Officier de la Légion d’honneur à titre militaire, il débuta la guerre de 1939-1940 en Belgique, sa division fût repliée à Dunkerque, qui devenait la nasse que l’on connaît.
Refusant d’être prisonnier, c’est à la nage qu’il put gagner un bâtiment de la Marine Anglaise et se retrouva dans sa « chère Angleterre » dont il parlait parfaitement la langue.
Compte tenu de sa situation de famille et de son entreprise, il se débrouilla pour regagner la France sur un bateau de pêche et regagna Saint-Étienne et sa base du 38ème d’infanterie.
Devant la passivité de ses chefs en face de l’arrivée de l’armée allemande dans la Loire et sans ordre du Commandant divisionnaire, il décida de constituer une section de volontaires pour se replier avant qu’il ne soit trop tard à Costaros en Haute-Loire pour tenter d’établir un barrage de retardement sur cet axe. Il y resta plusieurs jours et c’est là que finalement le Régime fût dissous.
À l’écoute de cette voix du très vieux Monsieur qu’il était lorsqu’il a été enregistré par Monsieur le Professeur Barou, j’ai pleinement ressenti son immense émotion et la façon qu’il eût de la dominer dans certains passages si durs et bouleversants.
Mon père est décédé en 1992 à l’âge de 98 ans.

Yvonne Rivière, avec René Rivière


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